Tyler Rauman: aux confins d’un art psychédélique, enfantin, troublant

Numéro 52

10 au 16 novembre 2006

Un texte de
Myriam Rondeau

Publié le 10 novembre 2006 dans
Arts visuels, Culture

Tyler Rauman: aux confins d’un art psychédélique, enfantin, troublant

Quelquefois, par hasard ou par destin, le cours des choses met sur notre chemin des gens qui ressortent avec plus de couleurs que les autres.

Ce genre de couleur, je l’ai capté chez Tyler Rauman alors que j’ai posé mes yeux sur ses affiches colorées avant un spectacle étrange à la Casa Del Popolo.

Quand je me suis assise devant lui pour une interview quelques jours plus tard, cette couleur s’est profondément ancrée en moi quand il m’a affirmé un peu naïvement: «Pour moi, ma galerie d’art, c’est la ville». Montréal au grand complet.

Peut-être avez-vous, sans vraiment le savoir, croisé son travail qui enveloppe bon nombre de lampadaires de la ville. Tyler crée, pour son propre plaisir, des affiches qui servent à annoncer divers spectacles underground de la scène musicale montréalaise. Comme j’étais intriguée par son travail plus que spectaculaire, frôlant le psychédélique, je lui ai demandé d’où venait cette technique si particulière d’illustrer la musique, le rêve et les formes.

L’histoire remonte à loin. Depuis toujours, en fait. Tyler vient de Thunder Bay, au nord de l’Ontario. N’ayant pas terminé ses études, il emménage à Montréal avec pour seul but de découvrir la ville, sa musique, son rythme et pour fignoler son français. C’était en 2003. En 2004, il fonde Telefauna avec trois autres artistes venant d’un peu partout au Canada. Il découvre alors l’univers explosif de la scène underground et tombe amoureux de la cité.

Depuis son jeune âge, il rêve de vivre de l’art. C’est le mélange de la musique et son amour du dessin qui vont le placer vers une voie peu empruntée, celle du design de posters. Il dessine d’abord pour son propre band et peu à peu, il va créer une panoplie de chefs-d’œuvre de tous genres pour tous les goûts et tous les sons.

Parmi ses influences, une gravure de Mc Esher qui va le pousser vers les lignes brisées, les dédales, les formes troubles, oniriques, Dali également, mais l’art lui vient surtout en observant les trucs qu’il voit en prenant place au café Esperanza de la rue Saint-Viateur.

La fatigue et ces milliers de détails qui peuplent son appartement, un gribouillage qu’un inconnu a fait sur une napkin; tout se transforme, ondule et se morcelle sur les pages de son cahier noir. Chaque dessin est fait à la main, à la mine «pour la réalité du crayon, sa dureté, sa matière» et est travaillé durant des heures. Il est ensuite calqué à l’encre et quelquefois, il y ajoute de l’aquarelle, quelques couleurs par ordinateur et le placarde finalement dans la ville.

Tyler Rauman a un style unique, magnifique. Une approche enfantine troublante, mais tout de même accessible, qui lui vaudra un jour sans doute plus que les lampadaires de la ville de Montréal. Chacune de ses pièces renferme autant que ce que l’on y cherche. Mais c’est surtout de l’art pour le plaisir d’en faire, pour en être habité, tout simplement.

Exposition à partir du 1er décembre au Green Room, 5386 St.Laurent, Montréal.

Myspace de Tyler Rauman: myspace.com/myneuralart
Myspace de Telefauna: myspace.com/telefauna
Myspace de Random Creature Generator (projet musique solo): myspace.com/randomcreaturegenerator

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