Nouvel opus de la génération «je-fais-mon-film-sans-moyen», Le Cèdre Penché de Rafael Ouellet sera en première mondiale aux RVCQ.
Dégelis. Population: 3500 habitants.
Pour son premier long-métrage, Rafaël Ouellet nous transporte dans le bas du fleuve, là où il fait bon entendre du country à la radio communautaire. Tourné à Dégelis, village où Rafaël a grandi, Le Cèdre Penché est un de ces films atypiques mais attachants, qui gagne à être découvert au cœur même de sa vulnérabilité.
L’atmosphère du tournage était plus que familiale, alors que ses parents, sa femme et un ami l’ont suivi dans l’aventure pendant deux semaines. Rien à voir avec un plateau de cinéma traditionnel! «C’étaient des longues journées, avec beaucoup de déplacement. Mais j’avais prévenu l’équipe: On ne part pas en tournage, mais en tournée!».
Et pas question d’attendre passivement les subventions. «Je voulais absolument tourner à l’été de mes 32 ans». Le film s’est donc fait avec 5 000 dollars en poche, de la débrouillardise et beaucoup de passion. Le réalisateur est devenu l’instant d’un moment homme-orchestre, signant à la fois le scénario, la réalisation, la production, la direction photo et le montage…
Et il faut une bonne histoire à la base, non? Eh bien, pas forcément. Rafaël Ouellet a construit son film un peu à l’envers. Partant d’une simple ressemblance entre deux comédiennes rencontrées lors d’un casting pour une émission de télé, il s’est inventé une histoire qui pourrait lier Viviane Audet et Marie Neige Châtelain.
«Elles se ressemblent, donc elle sont des sœurs. Elles sont des auteurs-compositeurs-interprètes, donc leurs personnages sont des musiciennes. Toujours à l’envers, je les ai imaginées se réconciliant à travers la musique de leur mère récemment décédée.» Voilà pour l’histoire, qui prend toute son originalité dans la musicalité du récit.
Les deux comédiennes sont bouleversantes par leur talent. L’authenticité de leur voix nous fait vibrer et elles sont sans contredit des auteurs-compositeurs-interprètes à surveiller de près. Viviane Audet a d’ailleurs lancé sa carrière en mai dernier avec son premier album, Le long jeu. Par leur jeu naturel, on sent les deux comédiennes complices du début à la fin. C’est pour ainsi dire une bien belle trouvaille.
Un film musical
Rarement a-t-on eu un accès aussi privilégié à la création de musique. Et ce n’est pas étonnant venant de Rafaël, qui a réalisé bon nombre de concerts musicaux et vidéoclips. «J’ai eu la chance de participer à plusieurs étapes de la création musicale, explique-t-il. J’avais envie de témoigner de ça dans mon film et la musique est devenue un personnage important».
Malgré tout, on ne peut que regretter que Rafaël Ouellet ait esquissé d’un film si rapidement. Le défi était de taille et sa démarche mérite le respect. Le récit pas contre aurait gagné à être filmé avec plus d’envergure, ne serait-ce que pour mieux nous raconter cette touchante histoire. Une bonne bouteille de vin, donc, qui n’a pas eu le temps d’atteindre sa pleine maturité.
Un film à écouter avec vos oreilles western folk, le vendredi 23 février 2007, dans le cadre des RVCQ.
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